Le bonheur de l’autre, ne se construit pas sans que l’autre ne le souhaite, et surtout sans qu’il n’en ait les moyens : l’action face aux problèmes de la vie sociale, autour de la mise en œuvre de la démarche de régie de quartier est un exercice difficile. La pratique quotidienne de l’insertion exige une veille constante, un véritable professionnalisme et une lecture positive du territoire et de ses habitants. Les résultats sont minimes, le syndrome de l’abyme constant, l’échafaudage fragile, le désespoir contagieux mais ce travail est empreint de bonheur pour chaque réussite coproduite.
L’économie solidaire est la première à parier sur la richesse des quartiers populaires, caricaturés dans nos média, méprisés par certains, au mieux oubliés. Toutes ces structures qui produisent, vendent, satisfont des clients sans actionnaire ont compris que le futur, l’avenir, le dynamisme est ici.
Les habitants de nos quartiers ont seulement besoin, et je cite Patrick Savidan (in Repenser l’égalité des chances, Grasset 2007), qu’on leur donne les mêmes chances réelles (c’est-à-dire leur permettant de dépasser les handicaps ou les obstacles que leur situation paupérisée a engendrés) qu’à tous les citoyens. Et la société a besoin que l’on investisse en eux. Parce qu’en recouvrant l’autonomie, ils deviendront des citoyens à part entière et qu’ils apporteront à la société une part des richesses qu’ils portent en eux.
Ancrer notre travail dans le territoire géographique de Bron, travailler avec et pour les habitants, consiste pour les salariés de notre Régie de quartier, à créer du lien, accueillir, conseiller, accompagner vers l’emploi, faire front aux inégalités, permettre à tous d’accéder aux savoirs, à la lecture, à la mobilité, aux nouvelles technologies, à offrir un emploi, à professionnaliser.
J’ai un rendez vous chaque jours avec vos diversités et vos talents pour vivre ensemble et bâtir un avenir partagé.
Philippe CHAUDAT
Président.